Assemblée Saint-Sernin Toulouse en lutte
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Compte-Rendu de L’Assemblée Ponzan/St Sernin du 30/11/2010

samedi 1er janvier 2011, par acashar

Compte-rendu de l’Assemblée Populaire (A.P.) du mardi 30 novembre 2010.

Ordre du jour :

 Question du financement des productions de l’A.P.  Récapitulatif de l’assemblée de Ponzan du dimanche 28 novembre.  Bilan et perspectives des événements à venir.  Les prochains rendez-vous

1) Financement.

Ont été imprimés 12 000 tracts pour 144€ et un tract à 76€ soit un total de 220€. Pour cela, nous avons récolté 208,65€. Les finances sont donc plutôt bonnes.

2) Récapitulatif de l’assemblée de Ponzan.

Dimanche dernier, 6 à 8 personnes étaient présentes et plusieurs thèmes ont été abordés, sans véritablement d’ordre du jour :
Le bilan de la lutte et le bilan commun aux deux assemblées doivent être réalisés dès que possible pour ne pas laisser les informations se perdre.
La question économique : s’agit-il d’une crise du système financier ou du système capitaliste dans son ensemble ?
La nécessité de contacter les autres assemblées, d’une part de la région et au niveau national, d’autre part d’Espagne et d’Angleterre (mail de soutien et d’échange d’expériences aux militants).

3) Bilan et perspectives des événements à venir.

Thème de la communication avec les autres acteurs du mouvement :

Où en sont nos trois camarades représentants de l’assemblée populaire qui devaient se rendre à l’A.G. étudiante du Mirail du lundi 22 novembre ?
Le mail pour contacter les autres communautés est prêt. Confirmer la diffusion.
Un tract de l’assemblée de la gare de l’Est a été distribué. On y trouve un moyen de les contacter.
Contacter les responsables du comité de rédaction et leur proposer notre soutien.
Contacter l’ACP pour faire un bilan avec eux sur les actions de type autoréduction, etc.

« L’autoréduction est une pratique anticapitaliste et collective qui consiste pour un groupe de personnes à imposer la baisse du prix d’un produit ou d’un service voire sa gratuité. Le service ou produit ciblé est généralement considéré par les militants comme étant de première nécessité et devant être accessible de manière égalitaire à tous. Les détracteurs des autoréductions ne font pas la distinction entre ce type de pratique et des vols ou braquages criminels. Les denrées alimentaires dans les grandes chaînes de distribution sont considérées comme des symboles du capitalisme et de l’exploitation des plus précaires. L’action consiste à remplir plusieurs caddies de produits alimentaires de bases (pâtes, fruits & légumes...) et de bloquer les caisses par refus de payer. Commencent alors les dialogues avec la direction. Les militants comptent sur le temps du blocage aux caisses qui peut représenter un manque à gagner pour le magasin supérieur au montant des produits réquisitionnés dans les caddies, quand certains clients décident d’abandonner leurs achats du fait de la situation. Si la direction accepte de laisser passer les militants avec leurs caddies, il ne s’agit pas légalement d’un vol, mais d’un don. Les produits réquisitionnés sont alors partagés collectivement ou redistribués dans des quartiers populaires, pour montrer le caractère militant et désintéressé de l’action. » Wikipédia.

Thème de la répression :

Pourquoi la police de Toulouse semble-t-elle moins féroce que dans les autres villes (comme à Lyon) ? Peut-on s’y fier ? Il semblerait qu’un dialogue soit possible avec certains policiers à Toulouse. S’agit-il de compassion de leur part en tant qu’individu ? Auraient-ils reçu des consignes de non-violence ? Le discours commun de la police et de la BAC pourrait le confirmer : « Nous ne somme pas contre le mouvement, nous sommes là pour la sécurité ». Autrement dit, le gouvernement n’a que faire des révoltes individualistes tant qu’elles ne tournent pas à l’émeute. La bourgeoisie gère très bien ce point. Il a été fait mention de l’ancien chef de la police de Toulouse, Jean-Pierre Havrin, qui s’était fait humilier en février 2003 par Sarkozy. Il dénonce le président d’avoir : « cassé la police de proximité alors qu’elle prenait de l’ampleur et qu’il fallait lui laisser du temps. » Une attitude qu’il juge irresponsable quand on considère que la police de proximité était au service du citoyen alors que la police actuelle est au service du pouvoir. Depuis avril 2009, le nouveau chef de la police de Toulouse est le colonel Jacques Andral. Quelles sont ses positions sur la question ?

Nous devons rester vigilants : lors des dernières manifestations, la police a effectué un fichage photo des manifestants : s’agit-il simplement d’une technique de dissuasion ou ces clichés vont-ils servir à repérer les militants les plus « dangereux » ? Rappelons que 2 à 3 000 personnes ont été arrêtées au cours des dernières manifestations et auront un procès. Or, l’incitation à l’émeute est passible de 5 ans de prison. Il faut donc anticiper la répression. D’autant qu’aujourd’hui, la gendarmerie ne fait plus partie du corps militaire ce qui lui donne accès au centre-ville. Surveiller la police ne veut pas dire créer une armée, mais observer son organisation pour prévenir d’éventuelles dérives et se préparer au mieux pour les prochaines manifestations.

Solutions envisagées : La réponse se trouve dans la solidarité et le rapport de force. Solidarité :
Entrer en contact avec des associations de défense.
Créer des « cellules » de solidarité aux inculpés.
Soutenir les lycéens et ne pas les isoler, car ils sont la cible numéro un des forces de l’ordre. Soutenir les groupes encerclés.
L’exemple de la Belgique nous montre qu’il n’y a pas eu de solidarité avec les personnes qui ont été arrêtées. Lors des manifestations, ne pas faire les mêmes erreurs, rester soudés.
À Lyon, un groupe de manifestants a été arrêté avant même d’avoir rejoint le cortège : il faut que nous soyons discrets à l’arrivée pour ne pas risquer de reproduire cet incident.
Monter une équipe préparée à repérer les forces de l’ordre et assurer la sécurité du cortège, en isolant si besoin les personnes qui pourraient mettre en danger le bon déroulement de la manifestation, constituée de personnes méthodiques. Rapport de force :
Il semble que nous soyons plus nombreux en présence des syndicats. Thème abordé plus loin. Il y a beaucoup plus d’habitants à Toulouse qu’à Lyon, et moins de répression. Lyon était un test pour apprendre à casser un mouvement. Il risque de s’étendre à Toulouse.
La répression dépend du nombre de personnes rassemblées. En période difficile, les rapports de force augmentent : se rappeler la forte répression de mai 1968, de la Commune de Paris en 1871, des Tchécoslovaques contre les tankistes russes d’août 1968 ou la création des corps francs en Allemagne, responsables du massacre de militants anarchistes.

« Quand les chars du pacte de Varsovie investirent les villes du pays, la population s’abstint de toute résistance armée. Elle tenta de dialoguer avec les tankistes soviétiques. Dans un dérisoire effort de résistance passive, elle enleva les plaques des rues pour désorienter l’occupant. En certains endroits, des tankistes perdirent leur sang-froid face à l’audace des manifestants et ouvrirent le feu. » Hérodote.net

Il n’y a pas de révolution sans l’armée. Il faut trouver les mots pour provoquer des crises de conscience de la part des policiers, cultiver le lien avec eux, discuter, les faire réfléchir mais en gardant à l’esprit qu’ils ont des consignes et qu’ils les appliqueront sans doute, car ils sont la clé du maintien de l’ordre. En tout cas jusqu’au jour où même les plus attachés d’entre eux à ce système seront à leur tour « frappés par le fléau ». En attendant, leur faire ouvrir les yeux : qu’est-ce qui fait que le monde tourne de travers ? Ne pas les sous-estimer ou leur manquer de respect.
S’appuyer sur des textes qui montrent des moments où la police a basculé du côté des citoyens peut nous aider à trouver une légitimité face aux policiers. « Il n’y a pas de paix sans justice, mais aujourd’hui il n’y a pas de justice ».
Je me permets d’évoquer un souvenir personnel de l’A.P. du mardi 16 novembre, où une jeune fille avait dit : « ce qui touche le plus les gens, c’est la sincérité. » Peut-être y a-t-il quelque chose à creuser aussi de ce côté…
Monter une équipe préparée à la discussion avec les forces de l’ordre, constituée de personnes diplomates.

Thèmes à développer dans le bilan :

Débat sur le syndicalisme : quels intérêts défend-il réellement ? Qu’est-ce qu’un syndicat aujourd’hui ? Qu’était-ce autrefois ? Pourquoi les coordinations interprofessionnelles ne sont-elles plus signées par les syndicats ? S’inscrivent-elles dans la continuité de ce qui a été fait avant ou pas ?
Détournement d’attention des médias : les affaires Bettencourt et Karachi ne sont pas terminées, mais une nouvelle catastrophe survient : l’affaire WikiLeaks. Qui contrôle les médias ? Qui contrôle le monde ? L’Etat ? Les multinationales ? Les syndicats ? Des alliances entre plusieurs d’entre eux ? Solution informatique = les hackers ? (moyen de communication énorme.) Connaître l’adversaire et diffuser l’information sont les points essentiels.
Débat sur la crise économique (crise du système financier ou du système capitaliste ?)
Débat sur le blocage (quand sert-il notre cause ? comment le mettre en place de manière efficace ?)

Projets :

Réaliser une brochure bibliographique d’ouvrages permettant de gérer la répression.
Réaliser une brochure sur les moments de l’histoire où les forces de l’ordre ont basculé.
Faire une liste exhaustive des thèmes à proposer en débat à l’assemblée de Ponzan.
Écrire un texte contenant une expérience personnelle : notre entrée dans la lutte, les obstacles surmontés ou non, les questions qui nous semblent fondamentales, nos sentiments face à la répression, etc.

4) Prochains rendez-vous.

Dimanche 5 décembre, avec un texte rédigé, réunion pour une discussion collective (Saint-Sernin/Ponzan) sur le bilan, à la Chapelle de Ponzan à 16h00.
Mardi 7 décembre, rassemblement de soutien aux jeunes tagueurs, devant le Tribunal correctionnel à 9h00. Réunion pour une discussion collective (Saint-Sernin/Ponzan) sur le bilan, au Pavillon Sauvage à 18h00.
Jeudi 3 février 2011, rassemblement de soutien aux inculpés du Mirail, devant le Tribunal correctionnel, heure à préciser. Une pétition circule, il est possible de la consulter et de la signer sur le site : http://luttes-etudiantes.com/phpPet...

Vous pouvez consulter les tracts et articles de l’assemblée populaire de Saint Sernin sur le site : http://saint-sernin.internationalis...

Correction du compte-rendu :

 Il a été décidé de fusionner les assemblées de Ponzan et Saint-Sernin pour faire un bilan commun. Pour le moment, des réunions ont lieu les mardis et dimanches. La prochaine réunion a lieu à 16h00 à la Chapelle aujourd’hui.

 Le projet de faire un bilan en commun nécessite le choix d’une date qui convienne à tous. La réunion de mardi (Ponzan/Saint-Sernin) sera réservée à une mise au point sur l’avancée du bilan. L’un de nous sera chargé « d’envoyer un petit mail à aux trois copains qui ont été nommés pour centraliser et proposer une ébauche de plan de bilan ».

 Concernant la réunion avec les autres assemblées (populaires, comités de lutte, AG inter-pro, etc.) au niveau national, la date reste à fixer : Ponzan a proposé de la faire en février ou mars, après la période hivernale qui pourrait poser des problèmes de transport à cause de la météo et empêcher à des personnes de venir. Mais mardi, Saint-Sernin a proposé de l’avancer, dans l’optique de « battre le fer tant qu’il est chaud », avant que le mouvement et la mobilisation ne retombent. Le mouvement n’est pas mort : le simple fait que des gens éprouvent encore le besoin, l’envie de se voir pour discuter comme nous le faisons prouve que la lutte est inscrite profondément et pour longtemps. Toutefois, il n’est pas nécessaire de se rencontrer avec un travail parfaitement achevé : la réforme sur la sécurité sociale est déjà en marche, et devrait être mise en application en mars prochain. Il faut donc mettre en œuvre tout ce qui est possible avant d’être dépassés par de nouvelles attaques du gouvernement. Une première approche ne pourrait être que bénéfique, dans la mesure où elle est démocratiquement proposée : les membres de l’assemblée de Ponzan doivent également choisir une date qui leur convienne. À noter que certains d’entre nous sont étudiants ou travaillent le soir et ne peuvent donc pas se rendre aux assemblées en semaine. Il serait donc judicieux de choisir un jour comme le dimanche, qui permettrait de réunir plus de monde. Rappel : nous avions évoqué mi-décembre comme date buttoir de l’élaboration de la brochure-bilan.

Projet :
Proposer une soirée à la chapelle pour préparer une rencontre conviviale avec débats sur des thèmes variés et présentation du bilan (ce qui suscite un travail d’organisation et de diffusion préalable).

Salutations amicales. Acashar.

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